The Muse Tarot by Chris-Anne 2.jpg

© Chris-Anne

Se mettre à nu

Déposer l’armure

Laisser faire la mue

Parce que rien ne dure

 

Je suis éphémère

Je suis tout et son contraire

Je suis moi et toi

Toi et moi
Tu me manques

La métamorphose isole

Et cette solitude m’effraie

Un peu de nous partout

Difficile de faire sans

De faire seul

Le temps recroquevillé

Semble bien long, vicié

Il faut cependant continuer

Mes aimants, je vous aime

Loin de vous, je nous sème

Des jours fous et des rires heureux

Loin de la peur diluvienne

De la fièvre, de la peine

 

 

Se mettre à nu

Déposer l’armure

Laisser faire la mue

Parce que rien ne dure

 

J’ai regardé ce qu’il y avait sous ma peau

J’ai retrouvé des bouts de moi égarés

J’ai écouté le cœur de mon cœur, plus près

J’ai rencontré ses mélos, ses échos

J’ai écrit sous la lune

Et dormi sous le soleil

J’ai rêvé des cauchemars

Et cauchemardé des rêves

J’ai cru à la lumière de la nuit

Bien plus belle que celle de midi

J’ai déchiré mes habits noirs bitume

Trop de deuil, trop d’amertume

J’ai bu un peu de mon sang

Celui qui palpite en dedans

J’ai gravé dans son encre vermeil

Des mots dits, sans sommeil

J’ai délivré mes pensées en vrac

Pour me sauver de l’insomnie, opaque

Se mettre à nu

Déposer l’armure

Laisser faire la mue

Parce que rien ne dure

© Diane Peylin

LOIN DE VOUS, JE NOUS SÈME

UN SOLEIL

Un soleil rond s’est posé dans ma poitrine
Il a brûlé le ciel pour venir jusqu’ici
Il a défié l’ordre établi, fatal
Il a quitté sa robe de lune, astrale
Pour que la nuit se perde dans le noir
Le désespoir dans ses flammes
Pour que son enveloppe chaude, dorée
Recouvre le monde tout entier
Et peigne de ses paillettes et de ses ocres
Les cœurs calcinés, les visages cachés
Les reclus, les dévastés
Les ventres vides, les pieds las
Les corps d’ivoire des morts beaux
Et les yeux plissés des vieilles dames

Un soleil rond s’est posé dans ma poitrine
Il a fait pousser des coquelicots
Rouges et fragiles comme mes lèvres
Il prend toute la place, m’enlace et se répand
Il est bruyant, radieux, insolent
Plus jamais il n’ira là-haut
Les épines ont trop écorché sa peau
La solitude est une malédiction
Elle creuse les corps, les déchire
Cicatrice au plus profond de l’âme
Seul n’est plus possible
Les larmes s’échouent dans l’amer
Déposent les armes
Asséchées par les rayons d’or
De cette perle sous mon thorax

Il n’est pas trop tôt
Il n’est plus trop tard
Le crépuscule est une aube
Le début d’une lumière
Le réveil des chimères

 

Un soleil rond s’est posé dans ma poitrine
Tape son chœur contre mon sein
Brûle son feu entre mes mains
Toucher n’est plus une peine
Je te caresse à perdre haleine
Je transpire intensément, sans cesse
Parce que cette étoile prend toute la place
Sa clarté, sa foi,
Ses émois, ses reflets
Incendient l’espace revenu à la vie
Les mots n’ont plus d’ancre
Et voguent sur les vagues lentes
Subjugués par le désir
De ne plus rien finir
De tout commencer
Encore et encore

Il n’est pas trop tôt
Il n’est plus trop tard
Le crépuscule est une aube
Le début d’une lumière
Le réveil des chimères

Un soleil rond s’est posé dans ta poitrine
Écoute ton cœur qui tambourine

© Diane Peylin

 

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 © Ben Canales

Mes yeux ne sont plus les mêmes
Secs et pleins de larmes
Ils se cachent sous leurs paupières
Pour contenir les drames

Mon cœur n’est plus le même
Paralysé et assoiffé
Il bat vite doucement
Toujours à contretemps

Mes mains ne sont plus les mêmes
Elles serrent tout ce qu’elles caressent
Tremblent avant de prendre
Creusent et se terrent

Ma bouche n’est plus la même
Elle hurle en silence
Cherche dans le fond de sa gorge
Des mots, des réponses

Notre histoire n’est plus la même
Tes échardes m’écharpent
Et loin de moi tu t’échappes
Flottant dans tes excuses

PLUS LES MÊMES

© Victor Habchy

Il est temps
De retrouver la foi
L’émoi, l’ivresse
De ce que nous sommes
De ce qui résonne

Mes lèvres frissonnent
Mes os se libèrent
Il est temps de retrouver
Mon squelette rafistolé
Mon corps et ses contours

Avance maintenant
Vers le jour d’après
Demain
Humain, impalpable
Incertain mais véritable

Il est temps

Ne pas lutter
Ne pas nier
Ne pas fuir

Accueillir

Le soleil agrafé au ciel
Les étoiles tissées de lune
Les branches et les oiseaux
Le vert et ses feuilles
Le cliquetis de la pluie
Vos rires, mes amours
Vos peaux

Les fourmis qui fourmillent
Les fleurs dans les bourgeons
La rumeur des vagues
La rumeur de l’immeuble
La rumeur de la rue
La rumeur de la forêt
La rumeur du dedans
Du dehors
Les cris du chœur
Vivant
Pas comme avant
Mais vivant

Tu entends ?
Ce chant vital, minéral
Tu sens ?
Toute cette liesse sous la terreur
Tu vois ?
La ronde lumineuse
Des âmes blanches
Les traces de mes pas
Sur tes empreintes
Mes prières pour toi
Les tiennes pour moi

Essayons
Ensemble
Essayons d’oublier un instant
Les injonctions, la peur et les barbelés
Laissons-les, muets
S’enliser sous nos pieds
Et retrouvons-nous quelque part
Entre le rêve et le hasard
Libres et insouciants
Mieux qu'avant
Avec plus de lumières
Dans nos pupilles, fières
Retrouvons-nous là-bas
Dans ce désert
D’ici ou d’ailleurs
En apesanteur

© Diane Peylin

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